Les séquelles de son accident, les nouveautés chez Red Bull-Bora et ses ambitions : Evenepoel se livre

Les séquelles de son accident, les nouveautés chez Red Bull-Bora et ses ambitions : Evenepoel se livre - Jérôme Jordens

La saison 2026 sera celle du grand changement pour Evenepoel, qui va courir pour la première fois sous les couleurs d’une autre équipe que Soudal-Quick Step.

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BELGA

Alors que la saison de cyclisme a rendu ses derniers verdicts avec les différents prix individuels décernés, Remco Evenepoel, qui a notamment remporté le Vélo de Crystal, a profité de l’occasion pour livrer différentes interviews. Entre les séquelles de sa chute l’hiver dernier, ses différents succès et son changement d’équipe, le coureur de 25 ans s’est livré.

Dans le podcast « Café Koers », le Belge est d’abord revenu sur le grave accident survenu l’hiver dernier, qui a conditionné sa saison. « Au début, j’avais peur que tout soit terminé. Le simple impact sur les muscles et les tendons de mon épaule droite m’inquiétait énormément », retrace-t-il.

S’en est suivie une longue période de rééducation lors de laquelle Evenepoel avoue être tombé dans une dépression : « Répondre à un message me semblait déjà trop demander. Je m’isolais. Quand quelqu’un m’appelait, j’avais l’impression qu’il se mêlait de ce qui ne le regardait pas. »

Un accident qui le gêne encore

Après son retour à la compétition, il a tout de même connu de beaux succès comme ses titres de champion du monde et champion d’Europe sur le chrono. Mais même sur les chronos où il brille tant, son accident continue à avoir des conséquences. « Après chaque chrono, j’ai besoin d’un solide traitement pour détendre tous les muscles autour de l’épaule », confie-t-il au Nieuwsblad.

En course, cela l’handicape également : « Je ne peux plus prendre de nourriture dans la poche arrière de mon maillot avec ma main droite ».

Un changement d’équipe devenu inévitable

Un autre moment marquant de la saison d’Evenepoel est l’annonce de son changement d’équipe. Après sept saisons passées chez Soudal-Quick Step, avec qui il est passé professionnel, le Belge a décidé de changer d’air et de rejoindre Red Bull-Bora-hansgrohe.

Un transfert presque inévitable pour le coureur de 25 ans. « Aujourd’hui, on sent que l’équipe veut réinvestir dans le printemps classique. Mais je me disais : on a fait podium au Tour, gagné la Vuelta, on était en passe de gagner le Giro… Pourquoi ne pas pousser davantage dans cette voie ? Pour une raison ou une autre, ce n’était plus vraiment le plan. Alors je me suis dit que je devais regarder ailleurs », explique Remco Evenepoel dans un long entretien à la Dernière Heure.

Et alors qu’il prend seulement ses marques avec l’équipe allemande, Evenepoel a déjà remarqué quelques différences qui pourraient avoir de grandes conséquences. « Un exemple : ils ont réservé les chambres pour le Teide depuis des mois. Chez Soudal-Quick Step, c’était plus freestyle : ‘OK, on part en stage maintenant.’ Ça fonctionnait aussi, mais là, il y a une organisation différente, de nouvelles idées, un vent nouveau », indique Evenepoel.

Cependant, la concurrence sera plus grande chez Red Bull-Bora-hansgrohe que chez Soudal-Quick Step où il était leader unique. Mais là aussi, pour le Belge, cela pourrait bien être un avantage : « Ça va me pousser à donner le meilleur. Et on sait que deux leaders augmentent les chances de victoire. Un jour l’un, un jour l’autre. C’est notre philosophie ».

Un nouvel entraîneur pour se rapprocher de Pogacar en montagne

Et au niveau de son entourage, les choses ont également changé. En passant chez Red Bull-Bora-hansgrohe, Evenepoel a, en effet, dû laisser de côté son entraîneur Koen Pelgrim, avec qui il travaillait depuis 2018. Désormais, place à Dan Lorang, figure du biathlon.

Et là aussi, Evenepoel voit ce que ce changement peut lui apporter. Le champion du monde du chrono sait en tout cas dans quels domaines il peut encore progresser, comme il l’a indiqué à la Dernière Heure : « Sur la capacité à tenir des puissances extrêmes pendant une durée spécifique. C’est ce qui rend Tadej incroyable : cinq à dix minutes à un rythme monstrueux qui fait exploser le groupe. Son équipe roule d’abord cinq minutes, puis lui encore cinq, et il prend une minute ou deux. C’est un aspect sur lequel on va travailler ». Car il le sait, il risque encore de croiser le Slovène à de nombreuses reprises cette saison, et il ne compte pas changer ses objectifs pour autant. « Je n’ai pas l’intention d’éviter Pogacar. En 2026, je ne vais pas adapter mon programme au sien », a-t-il affirmé dans « Café Koers ».