« Je rentrais frustré » : Victor Campenaerts, des classiques aux Grands Tours

« Je rentrais frustré » : Victor Campenaerts, des classiques aux Grands Tours - Samuel Guadi

Victor Campenaerts ne cesse de se réinventer. Finies les velléités de briller sur les pavés aux côtés de son ami Wout van Aert, il se consacre désormais corps et âme à un seul objectif : porter Jonas Vingegaard vers un troisième sacre sur le Tour de France.

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BELGA

Le double champion d’Europe du chrono et ancien recordman de l’heure ne pratique pas la langue de bois au moment de juger son expérience avortée sur les classiques : « L’année dernière, l’expérience n’a pas franchement été concluante. Il n’y a pas eu un seul moment lors duquel je me suis senti vraiment utile pour notre leader et l’équipe. Je rentrais des classiques frustré. » Un sentiment de vacuité qui a poussé le coureur à demander lui-même son retrait du groupe des Flandriens pour 2026.

Le déclic est venu des courses par étapes, où son abattage physique et sa science de la course font merveille. Les remerciements de Matteo Jorgenson après Paris-Nice ou ceux de Jonas Vingegaard après le Tour et la Vuelta ont fini de le convaincre de sa véritable valeur : « Parfois, il faut savoir prendre un peu de recul pour mieux interpréter certaines évidences. »

Cette semaine, sur la « Course au Soleil », il entame un marathon qui le mènera sur le Giro puis sur le Tour de France. Une mission acceptée sans sourciller dès cet hiver : « Quand Jonas m’a abordé pour me demander si j’étais partant pour l’accompagner sur les deux premiers grands tours, je n’ai pas hésité une seule seconde. La chose qui me porte chaque matin pour partir à l’entraînement, c’est ma volonté de remporter des grands tours avec l’équipe. »

Malgré la domination insolente de Tadej Pogacar, sacré champion du monde l’an dernier après avoir ramené le maillot jaune à Paris, Campenaerts conserve une confiance inébranlable en son leader danois : « Si je n’étais pas convaincu qu’il était capable de gagner une troisième fois le Tour de France et que le staff nous annonçait qu’une deuxième ou une troisième place constituait notre vrai objectif, j’arrêterais alors immédiatement le vélo. »

Pour contrer le Slovène, Campenaerts compte sur la cellule analytique de la Visma, qui décortique les données de puissance (FTP) et les déficits énergétiques de la concurrence. « J’aime analyser ce genre de choses mais quand je vois jusqu’où ils poussent le détail, je suis content de ne pas devoir m’en occuper », rigole-t-il. Pour celui qui entame sa treizième saison pro, l’enjeu est simple : être le dernier rempart de Vingegaard avant que la route ne s’élève trop haut, là où, selon ses propres mots, pédaler ressemble à « mettre la tête dans un seau d’eau ».