« J’aurais pu faire exploser tout le cyclisme » : Jan Ullrich revient sur son passé dans le dopage

« J’aurais pu faire exploser tout le cyclisme » : Jan Ullrich revient sur son passé dans le dopage - Samuel Guadi

Vainqueur du Tour de France 1997, Jan Ullrich a une nouvelle fois accepté de revenir sur les années sombres de sa carrière. L’ancien champion allemand regrette notamment de ne pas avoir parlé plus tôt des pratiques de dopage qui existaient dans le peloton.

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Jan Ullrich ne cherche désormais plus à fuir son passé. À 52 ans, l’ancien coureur allemand, toujours le seul représentant de son pays à avoir remporté le Tour de France, revient régulièrement sur les années durant lesquelles le dopage faisait partie intégrante de son quotidien. Lors de l’émission « Inas Nacht » diffusée le week-end dernier par la chaîne allemande ARD, le vainqueur du Tour de France 1997 est revenu sur son passé au sein du peloton.

Avec le recul, Ullrich estime notamment avoir manqué une occasion importante lorsqu’il aurait pu parler ouvertement de ce qu’il savait : « J’ai raté le moment. J’aurais alors pu faire exploser tout le cyclisme. J’aimais trop mon sport pour cela. Je ne voulais dénoncer personne. »

Selon Ullrich, le contexte de son époque contribuait également à banaliser les pratiques dopantes. Dans un peloton où ces méthodes étaient largement répandues, les coureurs finissaient par considérer qu’elles faisaient simplement partie du métier : « Le dopage était monnaie courante. Cela faisait simplement partie de la course. Nous nous sommes adaptés à ce que les autres faisaient déjà et nous nous le justifiions à nous-mêmes : si tout le monde le fait, cela finit quand même par se jouer sur le talent et les compétences. »

« Le dopage m’a détruit »

Des années plus tard, l’ancien rival de Lance Armstrong mesure surtout les conséquences que cette période a eues sur sa propre vie : « Le dopage m’a coûté dix ans. Il m’a détruit. »

Après avoir quitté le peloton, Ullrich a effectivement traversé une période particulièrement difficile, marquée notamment par sa consommation d’alcool et de drogues. Il décrit cette période comme l’une des plus éprouvantes de son existence : « C’était une période incroyablement difficile, même plus difficile que le Tour. Si vous fumez neuf cigarettes à la fois, buvez deux bouteilles de whisky par jour et prenez d’autres drogues, n’importe qui en mourrait. Pour une raison ou une autre, cela ne m’est pas arrivé. »

Aujourd’hui, l’ancien champion allemand assure avoir réussi à tourner la page : « Je mène une vie bonne et heureuse. L’enfer et le paradis, je les ai déjà connus. »

Ullrich reste toutefois prudent lorsqu’il est question de l’évolution du cyclisme professionnel. S’il veut croire que les pratiques dopantes appartiennent désormais au passé, il refuse de garantir que le peloton soit totalement débarrassé de la triche : « Je veux croire que tout est propre. Trois semaines d’entraînement en altitude ont à peu près le même effet que l’EPO à l’époque. Mais je ne mettrais pas ma main au feu. »