Il y a un an, alors que la saison sur route venait de s’achever, Jean-François Bourlart était plongé dans l’un des projets les plus importants de sa carrière : la fusion entre Intermarché-Wanty et Lotto. Douze mois plus tard, dans une interview accordée à la DH, le manager wallon peut enfin prendre du recul sur cette première saison sous les nouvelles couleurs de Lotto-Intermarché.
« C’est vrai qu’il y a un an, c’était vraiment intense. C’était une période compliquée… Une fusion, quel que soit le domaine, ce n’est jamais évident : il faut parvenir à mettre les gens ensemble. Mais il faut savoir garder un esprit positif, ne pas se dire que c’était mieux avant. Il faut adhérer au nouveau projet. Celui qui n’y croit pas ne doit pas rester. Celui qui y croit doit ramer dans le même sens que les autres… »
Une période de transition qui n’a donc pas été de tout repos, mais dont Bourlart retient aussi les aspects positifs : « Cela n’a donc pas été simple. Il y a eu des réussites et des déceptions, un peu comme chaque année pour une équipe sportive… Mais au bout de notre première saison, on peut dire que notre outil fonctionne, qu’il tourne bien. »
Des leaders absents mais des révélations
La saison n’a pas répondu à toutes les attentes, particulièrement en ce qui concerne Arnaud De Lie : « Tout n’a pas fonctionné, c’est vrai. Par rapport à Arnaud notamment. On a un peu de regrets, mais je pense qu’il était temps que la collaboration entre les deux parties se termine. »
Malgré tout, Lotto-Intermarché a pu compter sur d’autres coureurs pour obtenir des résultats : « Malgré les absences de nos leaders, nous avons été présents avec d’autres coureurs. Ils ont eu plus de place. Comme Jenno Berckmoes. Ou Toon Aerts : il s’en est très bien sorti sur la route. Ce qu’il a réalisé, c’est prometteur pour un débutant de 31 ans… »
La progression des jeunes coureurs reste l’un des piliers du projet de Jean-François Bourlart. Pourtant, la structure ne parvient pas à conserver tous ses talents : « On ne sait pas garder tous les bons… Malheureusement, il y a de plus en plus le jeu des agents, qui font monter les enchères. C’est partout comme ça, pas que chez nous, quand je vois que Seff Van Kerckhove quitte Décathlon-CMA CGM pour aller chez Visma… C’est comme ça. De notre côté, on continue à construire pour le futur. La formation reste dans notre ADN, c’est la vocation de notre équipe, faire progresser les jeunes. »
Projet Widar
La saison prochaine s’annonce avec plusieurs changements importants dans l’effectif. Arnaud De Lie rejoindra Tudor, tandis que Lennert Van Eetvelt évoluera chez NSN Cycling Team. Malgré ces départs, Jean-François Bourlart ne souhaite pas faire reposer tous les espoirs sur un seul coureur : « On ne va pas miser sur un seul leader, mais sur un ensemble de coureurs qui peuvent faire des résultats. »
La question de l’arrivée éventuelle de Primoz Roglic reste également ouverte. Le manager wallon ne considère toutefois pas la venue du Slovène comme une condition indispensable à la réussite du projet : « S’il vient, cela peut apporter beaucoup à notre équipe, mais s’il ne vient pas, ce ne sera pas catastrophique… »
Lotto-Intermarché pourra en tout cas compter sur Jarno Widar, issu de sa propre filière de formation. Après avoir découvert les exigences d’un premier grand tour lors de la Vuelta, le jeune Belge a terminé la saison en force. Il a décroché son premier succès professionnel aux Trois Vallées Varésines, avant de remporter l’étape reine et le classement général du Tour de Guangxi, une course du WorldTour.
Des résultats particulièrement prometteurs pour un coureur de seulement 20 ans, qui avait pourtant connu des problèmes de santé en début d’année : « Et nous continuons avec Jarno Widar. Un produit de notre pyramide. Il a géré intelligemment son premier Grand Tour, la Vuelta, et a sorti dans la foulée une solide fin de saison après ses ennuis de santé du début d’année. À 20 ans, c’est pas mal ce qu’il vient de réaliser. Tout le monde n’est pas Paul Seixas… »













