« Toutes les nations sont déficitaires » : le président de la Fédération française de football monte au créneau

« Toutes les nations sont déficitaires » : le président de la Fédération française de football monte au créneau - Samuel Guadi

Avec plus de 15 milliards de dollars de recettes, la Coupe du monde 2026 est devenue la plus lucrative de l’histoire. Pourtant, selon Philippe Diallo, président de la Fédération française de football (FFF), les nations participantes ne touchent pas assez d’argent.

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AFP

La Coupe du monde 2026 a dépassé les prévisions financières de la FIFA. Alors que les estimations initiales évoquaient environ 11 milliards de dollars de recettes, le tournoi aurait finalement généré plus de 15 milliards de dollars, soit plus de 13 milliards d’euros.

Mais cette réussite économique ne se traduirait pas, selon Philippe Diallo, par une redistribution suffisante au bénéfice des fédérations participantes. Le président de la FFF estime que la part des revenus consacrée aux équipes nationales reste trop faible au regard des sommes générées par la compétition : « J’avais dit avant la Coupe du monde que les dotations qui étaient faites aux équipes participantes étaient insuffisantes. C’est un paradoxe parce que la Coupe du monde aux États-Unis est celle qui est la plus rentable de l’histoire avec plus de 15 milliards de dollars de revenus. Et malheureusement, dans le schéma de distribution, 7 % simplement de l’ensemble des revenus qui ont été générés par cette Coupe du monde reviennent aux équipes. »

Le dirigeant français avance un constat qu’il considère particulièrement révélateur : plusieurs fédérations, y compris celles des grandes nations du football, auraient enregistré des pertes à l’issue du tournoi.

« Toutes les nations qui y ont participé, ou en tout cas les principales, sont aujourd’hui en situation de perte, y compris le champion du monde, l’Espagne », a affirmé le président de la FFF. « Et c’est quand même un paradoxe que le champion du monde ressorte de cette compétition avec des comptes négatifs. »

Pour Philippe Diallo, cette situation montre les limites du système actuel. Les coûts liés à la préparation, au déplacement, à l’encadrement et à la participation à une compétition de cette ampleur peuvent peser lourdement sur les budgets des fédérations. Il estime donc nécessaire de revoir les critères de redistribution afin que les retombées financières soient davantage en adéquation avec les revenus générés par le tournoi.

« La solidarité, ce n’est pas du clientélisme »

Philippe Diallo compare notamment le système de redistribution de la Coupe du monde à celui de la Coupe du monde des clubs, pour laquelle environ 50 % des revenus globaux auraient été reversés aux clubs participants. : « J’ai considéré que reverser 7 % des revenus totaux de la Coupe du monde aux nations participantes était insuffisant, notamment quand on avait versé 50 % des revenus globaux de la Coupe du monde des Clubs aux clubs. »

Le président de la FFF ne remet pas en cause le principe de solidarité entre les fédérations. Il défend toutefois une répartition qui tienne davantage compte des performances sportives et de la contribution des nations au développement du football : « Je suis attaché à la solidarité entre toutes les nations, le football doit se développer partout dans le monde et j’en suis un défenseur. Maintenant, je ne voudrais pas qu’on nous fasse passer la solidarité pour ce qu’elle n’est pas. La solidarité, ce n’est pas du clientélisme. Ce n’est pas un dispositif électoraliste, je considère qu’il appartient aujourd’hui à la FIFA d’avoir une réflexion sur la distribution des revenus. Parce que les distribuer de manière égalitaire sur l’ensemble de la planète sans même tenir compte du mérite sportif, ceux qui ont gagné des Coupes du monde, la taille des pays, ceux qui contribuent à la création de richesses, du nombre de licenciés, me semble une approche qui aujourd’hui n’est plus acceptable. »

La Fédération française de football estime notamment que les nations régulièrement performantes devraient recevoir une part plus importante des revenus de la compétition. La France a ainsi disputé quatre finales lors des huit dernières éditions de la Coupe du monde, un bilan que Philippe Diallo juge digne d’être davantage pris en compte dans la répartition des dotations.

Reste à savoir si la FIFA acceptera de revoir son modèle. La question de la gouvernance de l’instance internationale est également au centre des débats, alors que l’élection présidentielle approche.