« C’est une grave erreur de leadership » : Kompany allume Mourinho

« C’est une grave erreur de leadership » : Kompany allume Mourinho - Samuel Guadi

Interrogé sur les incidents racistes ayant visé Vinicius Jr., Vincent Kompany a délaissé son allemand habituel pour un plaidoyer de douze minutes en anglais.

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AFP

Pour Kompany, la sincérité de la détresse du Brésilien ne fait aucun doute. Face à ceux qui tentent de minimiser les faits, l’ancien capitaine de Manchester City appelle à regarder la réalité en face : la réaction émotionnelle d’un homme blessé ne se simule pas : « On ne peut pas simuler une telle réaction. Ça se voit. C’est une réaction émotionnelle. Vinicius n’a rien à gagner à aller voir l’arbitre et à porter tout ce fardeau. S’il le fait, c’est surtout parce que c’est la chose à faire à ce moment-là. »

Le technicien belge a particulièrement ciblé José Mourinho. L’entraîneur de Benfica avait tenté de justifier le comportement de son camp en invoquant la mémoire d’Eusébio pour dédouaner le club de tout racisme, tout en critiquant la célébration de but de Vinicius. Une ligne de défense qui a profondément heurté Kompany : « Le pire, à mes yeux, c’est ce qui s’est passé après le match. José Mourinho s’en est pris à la personnalité de Vinicius en critiquant sa célébration, cherchant à discréditer son geste. C’est une grave erreur de leadership. Mourinho utilise le nom d’Eusébio, mais sait-il ce que les joueurs noirs ont dû endurer dans les années 60 ? »

Touché dans sa chair, Kompany a rappelé ses propres blessures, de ses débuts à Anderlecht jusqu’à son passage sur le banc en Belgique, où il fut traité de «singe brun» sans que de réelles sanctions ne tombent. Il voit dans le silence du joueur de Benfica et les justifications de Mourinho une occasion manquée de faire progresser le football : « Mon rêve, c’est que si le joueur a vraiment tenu des propos aussi durs, il puisse dire : « Désolé, j’ai fait une erreur ». Cela devrait influencer la sanction. Mais on supprime ces possibilités car on divise tout en camps. C’est tout noir ou tout blanc. »

Malgré la virulence de ses propos, Kompany a conclu en nuançant son attaque envers le « Special One », tout en maintenant sa position ferme sur la faute commise : « Je ne connais personne qui puisse dire du mal de José. C’est quelqu’un de bien, je comprends qu’il se batte pour son équipe. Mais il a commis une erreur. J’ai une voix, qu’en est-il de ceux qui n’en ont pas ? Ce n’est pas l’incident qui compte, mais les émotions qu’il suscite. »

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