Au Standard, le mal ne se résume pas à un attaquant en méforme, mais à une incapacité globale à porter le danger dans le camp adverse. Vincent Euvrard ne cache pas son insatisfaction quant au volume de jeu de son équipe. « Ce qui est trop pauvre chez nous, c’est l’ensemble », déplore-t-il avec franchise. Pour lui, le problème se situe bien en amont du dernier geste. « C’est l’ensemble des occasions créées, c’est l’ensemble des tirs sur le but, c’est l’ensemble de présence dans la boîte adverse ou d’entrée dans la surface adverse plutôt », précise le technicien.
Conscient des attentes du public, le coach identifie ce secteur comme la priorité absolue des semaines à venir. « Là, on sait qu’on a un grand point d’amélioration », admet-il, tout en refusant de pointer du doigt ses attaquants de manière isolée : « Je préfère quand même le regarder en tant que collectif que de le regarder sur un seul poste ou un seul joueur. »
Le modèle de la réussite partagée
Interrogé sur le fait que, cette saison, aucun finisseur ne survole le championnat belge, Euvrard concède que la situation est singulière. « Cette année, on ne voit pas du buteur qui émerge en Pro League, c’est assez curieux. C’est assez curieux que ce ne soit pas seulement chez nous », note-t-il. Toutefois, il y voit une conséquence logique de l’évolution du jeu. « Le foot moderne a beaucoup plus de variations aussi, et beaucoup plus de changements dans les postes. Par exemple, les wing-backs marquent et assistent beaucoup plus qu’avant. Tu as beaucoup plus de milieux de terrain qui s’infiltrent et qui marquent. »
Pour l’entraîneur des Rouches, l’identité de celui qui fait trembler les filets est devenue secondaire. « Je pense que ce n’est pas trop important qui marque et que ce soit un seul joueur », affirme-t-il, privilégiant une menace diffuse plutôt qu’une dépendance à une unique tête de proue.
Pour appuyer sa vision, Vincent Euvrard n’hésite pas à se remémorer ses succès passés, notamment lors de son passage à Dender : « Je me rappelle l’année passée à Dender, par exemple, j’avais les trois attaquants qui avaient marqué neuf buts. Est-ce qu’à ce moment-là, c’est un problème que tu n’as pas un qui aille au-delà de 15 buts ? Quand on en a dix qui se divisent entre trois attaquants, c’est quelque chose de très, très bien aussi. »













