Si la grogne est montée en Belgique malgré un titre de champion du monde du chrono et de champion d’Europe en ligne avec Remco Evenepoel, la situation est encore plus tendue en France, avec pour seule satisfaction la troisième place de Paul Seixas sur le chrono des Mondiaux.
Et dans un entretien pour L’Équipe, Thomas Voeckler, le sélectionneur de l’Équipe de France, n’a pas caché que la déception était partagée par le clan tricolore. « Si on parle de bilan comptable, n’ayons pas peur des mots, il est négatif, et je parle bien des courses en ligne. Les mecs qui vont chercher des médailles aux relais mixte et individuel, ça ne sort pas du ciel, que ce soit le staff ou le coureur lui-même. Mais pour les courses en ligne, la déception est en rapport avec l’espoir, l’ambition qui était réelle. Et je pense surtout au Mondial. L’autre bilan, qui est le bilan à plus long terme, est loin d’être négatif mais il n’est pas palpable aujourd’hui », avoue l’ancien coureur.
Il faut dire que les Bleus ont pris la course en main aux Mondiaux, avec notamment un énorme travail de Bruno Armirail, mais Paul Seixas avait été victime de crampes dans le final et n’avait pas pu se battre pour la victoire. Thomas Voeckler n’a cependant pas de regrets : « Je vise toujours la victoire. Quand on regarde ce qu’il s’est passé avant les Championnats du monde, on nous en aurait voulu de ne pas être ambitieux. Mais ça fait partie de l’apprentissage et je pense qu’on peut aussi l’analyser à froid comme le premier échec de Paul Seixas de sa carrière, tout simplement ».
Mais l’homme de 47 ans en est certain. Ce coup de moins bien de Paul Seixas sera positif pour la suite de sa carrière : « On sait que les échecs sont plus fondateurs que quand ça marche bien. Donc faites confiance au garçon pour revenir ».
Et si les résultats ont été décevants, Thomas Voeckler tient à mettre en avant son groupe de coureurs, tant aux Mondiaux, qu’à l’Euro. « Le positif, c’est que les coureurs changent, se succèdent, mais l’état d’esprit perdure », se satisfait l’ancien coureur. « Ça, c’est peut-être la seule chose dont je peux me porter garant, et c’est déjà énorme. Le petit bémol, peut-être, on, et je m’inclus dedans, s’est laissé troubler un petit peu par les courses précédentes ».
« Peut-être qu’on s’est vus un peu trop costauds par rapport à ce qu’on pensait être », avoue-t-il. « De l’aveu même des mecs, ils se sentaient au Mondial moins bien qu’ils ne le pensaient, sauf Paul. Aux Championnats d’Europe, c’était parfait, mais ça roulait trop vite. Et quand on voulait attaquer, on n’avait pas les moyens parce que mes coureurs n’étaient pas assez forts pour répondre aux offensives, au rouleau compresseur du champion d’Europe. Si on résume, il y a eu un petit manque de vigilance, un excès, non pas de suffisance, mais de confiance en soi, peut-être tiré de la toute-puissance de Paul ».













