Interrogé sur l’incapacité du peloton à combler l’écart, Elmar Reinders a d’abord manié l’ironie au micro d’Eurosport avant de livrer le fond de sa pensée. Le poisson-pilote de l’équipe Unibet Rose Rockets ne s’explique pas un tel échec au vu des forces sacrifiées dans la poursuite : « Tout le monde a une explication, mais peut-être pas une qui soit convenable à la télévision. C’est qu’il y avait une très bonne moto. Nous avons épuisé trente hommes, et nous n’avons toujours pas réussi. C’est difficile à croire. »
Le coup de gueule est encore plus incisif du côté de la formation Lidl-Trek. Très remonté, l’Allemand Tim Torn Teutenberg a fustigé l’attitude de l’organisation : « Tous ceux qui s’y connaissent en cyclisme savent bien que c’était un peu une farce aujourd’hui. Je ne sais pas quel était le but des organisateurs, peut-être voulaient-ils montrer comment les voitures et les motos influencent la course. C’était n’importe quoi. »
Ce ras-le-bol face au phénomène de « drafting » (l’aspiration générée par les moteurs) ne date pas d’hier. Le printemps des Classiques avait déjà été escorté par de vives tensions, notamment lors du duel Pidcock-Pogacar sur le Poggio lors de Milan-San Remo, ou encore sur le Tour des Flandres, où le duo Van der Poel-Pogacar avait été suspecté d’en avoir bénéficié pour distancer définitivement un Remco Evenepoel impuissant.













